Sténopiste 2 : Fabrication de mon premier sténopé

L’heure est venue de passer à la fabrication de mon premier appareil sténopé. Je vais essayer ici d’expliquer pas à pas toutes les étapes depuis le choix de la boîte jusqu’au chargement du papier en détaillant le matériel utilisé. Comme je l’avais dit dans le premier article, la démarche n’est pas rigoureuse et scientifique, mais ma petite expérience en photo argentique et en labo font que je préfère toujours avancer à tâtons, quitte à recommencer, et comprendre ce que je fais plutôt qu’appliquer une recette toutes prête sans en comprendre les raisons.




Le matériel

Matériel pour fabriquer mon premier sténopé

Un appareil photo en kit


  • Une boîte de petite taille en carton épais. J’ai choisi l’emballage d’une alimentation d’ordinateur portable parce qu’elle est consitutuée de deux élements « en tiroir » et que le collage du carton est assez solide.  Je vais pouvoir placer ma feuille de papier photo de taille raisonnable (17cm x 13.5cm) au fond du tiroir. Il faudra rendre cette boîte parfaitement impérméable à la lumière donc moins on aura à rafistoler, mieux ce sera. La « profondeur » de la boîte a son importance. La mienne est un peu courte (5,5 cm) par rapport aux recommandations de 7cm lues ça et là. On fera avec.
  • Un support très fin et rigide dans lequel on perce le sténopé : La platine sténopé. J’ai choisi un couvercle de boîte de sardines que j’ai applati. Le métal (aluminium?) est très fin et peut être facilement percé avec une aiguille si on utilise la bonne méthode. Il est important de ne pas percer le trou dans un support trop épais (ou directement dans la boîte) car cela pourrait créer un effet « tunnel » avec un vignettage très important.
  • De l’adhésif noir qui me permettra de sceller la boîte et attacher ma « platine sténopé ».
  • De la pâte adhésive que je vais utiliser pour positionner la feuille de papier photo au fond de la boîte.
  • Une aiguille à coudre. J’ai pris la plus petite dans mon trousseau de couturier du dimanche.
  • Un marteau léger et un morceau de bois… On va s’en servir pour percer le trou
  • Du papier de verre à grain fin (120). On l’utilisera pour « abraser » le support su sténopé pour qu’il soit parfaitement plat.
  • Une paire de ciseaux et un cuter. C’est toujours utile.
  • Du papier photo noir et blanc standard. On aurait pu pendre du papier couleur ou du film négatif mais le choix du papier est finalement le choix de la simplicité. Je m’explique un peu plus bas.

Percer le sténopé

Le sténopé est percé

Le sténopé est percé dans un support mince en aluminium

L’étape la plus importante est le perçage du sténopé. Avant toute chose, je lave, sèche et aplatis le plus soigneusement possible mon couvercle de boîte de sardines. J’en découpe un morceau carré d’environ 4 cm de coté et je le place à plat sur le morceau de bois.

Ensuite je place l’aiguille à la verticale en la maintenant comme si je plantais un clou. Un bref coup de marteau et c’est percé. J’ai du m’y prendre à deux fois car mon premier coup de marteau était « un peu costaud » et j’ai planté l’aiguille littéralement en faisant un trou bien trop gros.

Je vérifie la largeur de mon trou à la lumière en utilisant une règle. Je dois obtenir grosso-modo environ la moitIé d’un millimètre de diamètre.

Comme le perçage a légèrement déformé le support sur les bords du trou je ponce légèrement le sténopé avec le papier de verre à grain fin. Cela évitera un effet tunnel sur les photos.


Préparer la boîte et monter le sténopé

D’abord, puisque la boîte à sténopé est destiné à être une « chambre noire », je dois m’assurer qu’il n’y aura pas de reflet parasite. Pour cela je « colorie » toutes les parties blanches intérieure de ma boîte. La boîte étant en carton et de petite taille j’utilise un gros marqueur noir indélébile mais pour une boîte en fer j’aurai utilisé de la peinture.

Ensuite je découpe au cuter une petite fenêtre au centre de la face sténopé de la boîte. Pour bien repéré le centre j’ai préalablement tracé au crayon les deux diagonales sur cette face. Je découpe de donc au croisement des deux deux diagonales. La feuille de papier sera de placer au fond et sera découpée à la taille de ce fond.

Je colle enfin ma platine sténopé à l’intérieur de la boîte avec de l’adhésif noir en veillant bien à ne pas laisser d’espace ou une lumière parasite passerait.

Choix du support photo

Comme on l’a précédemment dit on peut virtuellement faire des sténopés avec n’importe quelle support photosensible. On a donc le choix entre :

  • un capteur d’appareil photo numérique. Je blague à peine. On peut faire des sténopés avec un appareil photo numérique mais là on est un peu hors-sujet. Pour ceux que ça intéresse, vous pouvez en voir un exemple dans cet article sur PhotoFloue.
  • Du négatif couleur, noir et blanc ou du film diapo. Bien que possible, je vais zapper cette option. On veut faire simple et la taille d’un négatif, sa fragilité et l’obligation de la manipuler dans le noir absolu font qu’on est assez loin de ma charte du « je ne vais pas m’emm…. avec ça maintenant ». En outre, pour la couleur je devrais confier le développement à un labo et on est loin de la « photo à deux balles ». Si tout va bien j’envisagerai peut être l’utilisation de négatif noir et blanc dans l’avenir.
  • Du papier photo noir et blanc. C’est le support de base souvent proposé dans les ouvrages et sites traitant du sténopé. C’est assez facile à trouver dans le commerce et relativement facile à manipuler car il ne nécessite pas le noir absolu.  En outre le développement d’un papier noir et blanc est relativement simple et peut être fait sans vrai labo photo, à la maison.


ILFORD Multigrade IV RC DELUXEJ’ai choisi le papier Ilford Multigrade IV RC DELUXE brillant. Sans rentrer dans trop de considération techniques les raisons de ce choix sont :

  • C’est un papier RC (ou plastifié) à l’opposition des papiers FB (ou barytés). Ce type de papier est plus rapide à développer (certains disent plus simple). Il ne gondole pas en séchant, et nécessite peu de lavage.
  • Le support est très mince ce qui sera très pratique plus tard lorsque ferai mes tirages
  • C’est un papier assez courant que l’on trouve assez facilement et assez peu onéreux pour du papier photo. En fait, ce sera le seul vrai gros poste de dépenses.
  • Le gentil vendeur de Prophot me l’a conseillé. J’ai donc acheté là bas un paquet de 25 feuilles au format 18×24 pour une quinzaine d’euros.


Chargement du papier

La boîte est prête, le papier sélectionné, je me dirige donc dans mon le labo du club photo pour charger mon appareil à sténopé. Et oui, j’ai la chance de pouvoir profiter d’un vrai labo mis à disposition à ses adhérents par le Ciné Photo Club Paris Nord. Mais une seule chose me pousse dans ce cas à utiliser le labo : il s’agit de l’éclairage inactinique. En effet, le papier est sensible à la lumière et ouvrir la boîte en dehors d’un noir complet ou d’un éclairage approprié détruit son contenu. Ca n’explose pas mais les feuilles sont irrémédiablement voilées et  inutilisables. L’éclairage approprié en question est dit « inactinique ». Il s’agit d’ampoules ou de lampes colorées en rouge ou ambre. Le papier photo n’est pas sensible à cette lumière et ne voilera pas.

Ampoule inactiniqueJ’aurais pu faire cela à la maison en utilisant par exemple un simple ampoule inactinique achetée 13 euros chez MX2 mais il me faut également calfeutrer une pièce afin de faire le noir et qu’aucune lumière parasite ne puisse filtrer. Je l’ai souvent fait mais j’avoue que pour moi maintenant le plus simple est d’aller au labo… Là bas, je ferme tout et j’allume l’éclairage inactinique afin d’ouvrir la boîte de papier en toute sécurité. J’en découpe un morceau correspondant aux dimensions du fond de ma boîte sténopé et je le colle avec la pâte adhésive en faisant bien attention à exposer la partie sensible du papier coté sténopé.


Sténopé monté, chargé avec l'obturateur en place

Sténopé monté, chargé avec l'obturateur en place

Je referme ensuite ma boîte sténopé que je blinde littéralement de ruban adhésif noir. En fait il s’agit d’empêcher toute lumière de passer. Je préfère prendre des précautions quitte à faire passer ma boîte sténopé pour un colis piégé.


Enfin, je n’oublie pas d’obturer le trou du sténopé avec un morceau d’adhésif. C’est ce morceau que j’enlèverai au moment de prendre ma photo pour le remettre en place ensuite… un obturateur manuel quoi.


Voilà je me retrouve donc avec un appareil photo d’enfer que  je vais aller tester de ce pas…

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4 Commentaires

  1. marie

    je me lance ds l’aventure sténopé en ce moment, merci d’ailleur pr tes articles qui donne envie.
    Je me demandais si il serait possible d’avoir une photo de ton appareil pr voir a quoi il ressemble, et me faire une idée.
    MERCI

    Envoyé le 25 janvier 2010 à 20 h 45 min | Permalien
  2. marie

    OK jviens de voir la photo.autant pr moi ;dsl

    Envoyé le 25 janvier 2010 à 21 h 12 min | Permalien
  3. Pas de problème. Je vais bientôt reposter quelque chose sur les derniers développements.. avec photos en prime.

    Envoyé le 26 janvier 2010 à 0 h 06 min | Permalien
  4. I\’m not easily impesrsed. . . but that\’s impressing me! :)

    Envoyé le 15 juin 2011 à 8 h 23 min | Permalien

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