Sténopiste 1 : Quoi ? Pourquoi ?

Il faut bien commencer quelque part…

Camera_obscura

Camera Obscura

Ce premier article – il en faut bien un – est le point de départ de ce qui devrait être mon aventure dans le monde du sténopé…

Cela fait maintenant quelques années que, comme nombre de photographes, ma progression dans la pratique de la photo a été accompagnée d’une certaine « course à l’armement ». Le reflex a remplacé le compact. Les boîtiers convoités, et finalement souvent achetés, ont été de plus en plus complets, complexes, raffinés. Les accessoires se sont multipliés : trépied, filtres, déclencheur à distance,  flash…   Tout ceci a bien sur un but, faire de meilleures photos, en rater le moins possible, obtenir l’effet ou le rendu voulu.

Pourtant aujourd’hui je ressens le besoin de revenir à quelque chose de plus simple, une façon de prendre des images qui mette le moins de « dispositif » possible entre le sujet et le photographe. Expérimenter, fabriquer son appareil, comprendre les bases, bricoler, obtenir des images un peu « hors-norme » : voilà ce que le sténopé me promet.


Cette série d’articles, que j’espère longue et enrichissante, couvrira mon aventure de  « sténopiste ». Je vais tenter d’entrer dans ce petit club avec pour seul moyen mes piètres talents de bricoleurs et avec pour seule ressources les informations glanées sur la toile et dans quelques bouquins. En bas de cet article, vous pouvez déjà trouver quelques références de livres (pas chers) sur le sujet ainsi que des liens vers des sites montrant des images faites au sténopé ou des blogs et autres ressources techniques.

Qu’est-ce qu’un sténopé ?

Je n’ai pas l’intention ici de faire une description technique et exhaustive des propriétés ou de l’historique du sténopé. Les liens en bas de page pointent vers des ressources riches en explications. On va donc se contenter de résumer et simplifier – au risque de petites approximations que les plus savants me pardonneront, peut-être…


Principe de base du sténopé

Principe de base du sténopé

  • Prenons donc une boîte toute simple percée d’un petit trou sur l’une de ses faces.
  • A l’intérieur de cette boîte et sur la face opposée au trou plaçons une « surface photosensible ».
  • Lorsque le trou de la boîte est placé face à un sujet éclairé (par le soleil par exemple) les rayons lumineux qui sont normalement diffusés en tous sens passent par ce petit trou et sont directement projeté sur la face opposée.
  • Comme nous avons judicieusement placé la « surface photosensible » sur cette autre face l’image ainsi projetée est imprimée sur la surface : la photo est faite !

Comme on peut le constater le principe de fonctionnement est simple même si le lois de la physique qui le permettent peuvent échapper au commun des mortels comme moi. Le sténopé n’est rien d’autre que l’application photographique de la  « Camera Obscura » qui a été décrite par des scientifiques comme Léonard de Vinci bien avant l’invention de la photographie. L’ajout de la fameuse « surface photosensible » est la petite différence qui permet de passer de chambre obscure à appareil photographique. Finalement, l’optique et l’électronique de nos appareils modernes ne sont que des ajouts à ce dispositif assez rudimentaire.

Il y a quelques petites règles de base que l’on va rappeler et qui devrait m’être utiles dans la fabrication (bientôt!) et l’utilisation (on verra) de mon premier appareil à sténopé:

  • La boîte doit être totalement hermétique à la lumière à l’exception du petit trou. Il est important que la seule lumière ne passe que par ce trou. On va donc s’atteler à faire une boîte étanche.
  • Le trou, ou sténopé, ou pinhole en anglais doit être le plus petit et le plus rond possible afin que l’image se forme.
  • Toute source de lumière ou de réflexion de la lumière peut créer des artéfacts qui dégraderont l’image ou empêcheront simplement son apparition. Pour cela, l’intérieur de la boîte doit être peint en noir.
  • Il y a une relation entre la taille du sténopé, la profondeur de la boîte et la taille de l’image obtenue. On essaiera de faire simple mais les ressources techniques listées en bas devraient nous aider.
  • Comme pour tout appareil photo, il y a une relation entre la taille du sténopé, la sensibilité de la surface photosensible et la quantité de lumière du sujet. Ce sont les règles d’exposition classiques de la photo qui s’appliquent ; mais là on ne disposera pas de mesure matricielle, centrale pondérée, mais on va se débrouiller.

En découvrant le sténopé grâce au travail de personnes comme François Perri de l’association « Dialoge de l’image », j’ai surtout trouvé là une expression photographique, simple, évidente, peu chère  mais aussi didactique. Je vais essayer d’en apprendre plus mais je ne compte pas couper les cheveux en quatre ou m’abreuver de méthodes de calcul complexes. Exit également les boîtes toutes prêtes vendues à prix d’or ou même pas cher. Je comprends que cela soit séduisant (voir liens « Sténopés tout prêts« ) mais j’ose croire que le fait de faire soit-même son appareil et l’utiliser et produire des images fait partie intégrante de la démarche.

Donc on va tenter de faire simple, pas cher… et accessoirement on va essayer de faire des photos avec.



Bibliographie

Le sténopé de la photographie sans objectif de Jean-Michel GalleyLe Sténopé – de la photographie sans objectif de Jean-Michel Galley – Collection Photo Poche : Excellent petit livre de la fameuse collection Photo Poche qui outre l’explication du principe et des origine du sténopé présente une riche collection de photos et démontre admirablement que l’on peut faire des photos avec n’importe quoi  (y compris la bouche…)



Je construis mon appareil photo de Annick Maroussy, Lucienne Deschamps, et Eric FeliceJe construis mon appareil photo de Annick Maroussy et Lucienne Deschamps – Dunod : Petit livre d’initiation au sténopé. Bien fait, simple et sérieux, ce bouquin bien que sans doute destiné à un public assez jeune est une très bonne porte d’entrée dans le monde su sténopé





Quelques liens sur la photo au Sténopé



D’autres liens sur la technique du Sténopé



Sténopé tous prêts

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2 Commentaires

  1. Bonjour,
    je suis Christine Talabard de l’association Dialogue de l’image, je travaille avec François Perri, vous pourriez également citer le livre qui est sorti après le premier tour du monde du sténopé de Dialogue : « Dans le sillage de Magellan », éditions du Collectionneur, nous le diffusons nous-mêmes (0142622904), on le trouve parfois aussi à l’Equipement de la Pensée (librairie).
    Bien à vous
    Christine Talabard

    Envoyé le 5 octobre 2009 à 9 h 26 min | Permalien
  2. Merci pour la suggestion. Dès que j’aurais lu cet ouvrage, je l’ajouterai sans doute à ma bibliographie du sténopé.

    Envoyé le 6 octobre 2009 à 10 h 05 min | Permalien

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